La médecine a toujours été un métier en face à face. Un clinicien observe, écoute, soupèse l'incertitude et agit — généralement en quelques minutes, souvent avec des informations incomplètes, et toujours avec une personne devant lui. Malgré tous les progrès de l'informatique, cette scène fondamentale n'a pas changé : les décisions les plus importantes se prennent encore au chevet du patient, dans la salle d'intervention ou au microscope. Nous pensons que l'AI devrait rejoindre les cliniciens là, selon leurs conditions, plutôt que de leur demander d'envoyer leur travail ailleurs et d'attendre qu'une réponse revienne.
Cette conviction explique pourquoi tout ce que nous construisons donne la priorité au local. Lorsque l'analyse s'exécute sur site, l'outil fait partie de la pièce plutôt que d'être un service quelque part sur internet. C'est plus rapide, car rien n'a à faire d'aller-retour. C'est plus résilient, car les soins ne s'arrêtent pas quand une connexion tombe. Et c'est plus confidentiel, car l'imagerie sensible et les informations du patient n'ont jamais à quitter le bâtiment pour être utiles. La confidentialité, dans cette optique, n'est pas une politique greffée à la fin — elle est une conséquence du lieu où le travail est accompli.
Il serait facile de considérer cela comme des préférences d'ingénierie. Nous les considérons comme des engagements cliniques. Un outil auquel un clinicien ne peut faire confiance est un outil qu'un clinicien cessera discrètement d'utiliser, aussi impressionnant soit-il en démonstration. Nous nous tenons donc à un test simple : un clinicien attentif et responsable serait-il à l'aise de s'y fier, et capable d'expliquer ensuite exactement ce que l'outil a fait et pourquoi ? Si la réponse est tant soit peu en deçà d'un oui, ce n'est pas prêt.